
Dans cette Vallée des fresques, l’incroyable splendeur des peintures murales
C’est une vallée, la Gartempe qui au nord de Montmorillon et sur 20 km est parsemée d’églises, de chapelles d’oratoires aux murs couverts de fresques. D’abord, l’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984. Face à elle, l’église de Saint-Germain et son décor de grisailles du XIXe siècles. Plus au sud, Antigny, l’oratoire du château de Boismorand jusqu’à l’émouvante chapelle funéraire de Jouhet, tous décorés de peintures murales des XIVe et XVe siècles illustrant les mêmes scènes bibliques.
La Ministre de la culture favorable au classement de la Vallée des fresques
Cette Vallée des fresques a enthousiasmé la Ministre de la culture, Rachida Dati lors de son voyage du 17 novembre 2025 à l’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe et à Montmorillon au point de se montrer favorable au classement de la Vallée des fresques, le long de la Gartempe. (Voir plus bas pour Montmorillon).

Le témoignage de l’art sacré médiéval
Edifiés sur 20 km le long de la Gartempe, en pays montmorillonnais, dix édifices civils et religieux vont former une route thématique, appelée Vallée des Fresques. Leur dénominateur commun : la peinture murale réalisée, principalement du XIe au XIIIe siècle mais avec deux églises présentant également des peintures du XIXe siècle*. Ces œuvres sont des témoignage de l’art sacré médiéval. Elles offrent une immersion profonde dans l’histoire religieuse et artistique du Poitou. C’est une mise en lumière du savoir-faire des artistes de l’époque. Ils ont su capturer des scènes bibliques et moralisatrices avec une profondeur narrative et une maîtrise technique remarquables.
* Le XIXe siècle conjugua à la fois la redécouverte du Moyen Âge (Prosper Mérimée…) et une ferveur religieuse renouvelée. Voir la chapelle Saint-Laurent de Montmorillon ornée de surprenantes peintures murales du XIXe siècle, un art qui connaît alors un second souffle. Elle fait de cette chapelle une étape de la “Vallée des fresques”.

L’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, porte d’entrée de la Vallée des fresques
Nul doute, l’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe (en Poitou), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984 est le joyau de cette Vallée des fresques. L’abbaye, construite au XIe siècle, est renommée pour ses extraordinaires peintures murales qui s’étendent sur près de 400 m² de surface. Ces fresques du XIe siècle illustrent de nombreuses scènes bibliques, allant de l’Ancien au Nouveau Testament, couvrant des épisodes tels que la Création, le Déluge, la Tour de Babel…, et des moments importants de la vie du Christ.
Qui n’a pas en tête l’arche de Noé la plus célèbre des fresques de l’abbatiale ?

Posée sur les rives de la Gartempe, l’abbaye de Saint-Savin

Fresques ou peintures à la détrempe ?
Même si on emploie parfois le terme de façon plus large, une fresque est peinte sur un support humide (a fresco, frais), un enduit de chaux et de sable à réaliser très rapidement (la pose de la couleur devant s’incorporer au support). Cette contrainte conduit le peintre à travailler rapidement et à prévoir la quantité exacte de peinture pour une surface de 1 à 4 m2, exécutable en une seule journée. De plus, l’erreur n’est pas possible. Les corrections (ou “repentirs”, voir peinture plus bas) sont en effet impossibles !
La peinture à sec
Une technique voisine de la fresque consiste à appliquer les couleurs sur un enduit sec. Broyées à l’eau, ces dernières sont ensuite liées avec de l’œuf (peinture a tempera), de l’huile, ou encore de la colle. Contrairement à la fresque proprement dite, cette technique n’impose pas de travailler en un temps limité par le séchage de l’enduit.

Comment ces peintures du XIVe siècle ont été réalisées ?
D’abord un tracé préliminaire au cordeau enduit d’ocre jaune facilite la mise en place du décor (visible encore par endroit). Ensuite, le dessin préliminaire des figures et les grandes masses colorées sont peints par la technique de la détrempe (pigments* mélangés à une charge) sur un badigeon frais. Enfin, les détails (paupières, pupilles, etc.) et les rehauts sont appliqués une fois que l’enduit a séché. Comme pour les peintures romanes de la crypte Sainte-Catherine à Montmorillon ou pour les peintures de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle de la chapelle funéraire de Jouhet, la couleur noire de certains visages, nimbes ou autres détails est due à une réaction chimique d’oxydation des pigments de sels de plomb et d’arsenic.
*Des pigments d’origines minérales et végétales. Ainsi, le blanc de chaux ou céruse à base de carbonate de plomb. Les ocres, jaune ou rouge d’argile jaune. Les bleus, lapis-lazuli. Les verts, cuivre, malachite ou divers minéraux. Les bruns, terres brûlées.
Vallée des fresques, dans les pas de Diane de Moussac
Quittant l’abbaye de Savin-sur-Gartempe avec l’obsédante vision de ces immenses fresques à hauteur d’ange, comment maintenant se contenter de la dimension humaine ? Comment découvrir l’humilité de ces chapelles, églises ou oratoires qui le long de la vallée de la Gartempe ont pris de Saint-Savin l’extraordinaire pouvoir de ses fresques. Alors, pourquoi ne pas se laisser guider par celle qui connaît le mieux cette Vallée des Fresque, celle qui y est née, celle qui a su si bien saisir par ses aquarelles toute la poésie, la sensibilité de ses formes, de ses couleurs, de ses symboles. Elle en possède les clés. Elle nous ouvre les portes. Elle nous montre. A chaque regard, elle ne se lasse pas d’être éblouie. Et nous donc !

Au temps de la guerre de Cent Ans, des épidémies et des famines
Ces images sont liées au salut de l’âme : Jugement dernier, vies des saints martyrs… Les peintures murales de l’église d’Antigny et sa chapelle Sainte-Catherine, la chapelle funéraire de Jouhet et l’oratoire du château de Bois-Morand à Antigny forment la plus belle “trilogie de cette Vallée des fresques. Les ocres dominent et le style est simple mais évocateurs. Ces 3 ensembles de peintures étroitement apparentées furent commandés à la fin du XVe s. par le même personnage : Jean de Moussy, seigneur de Boismorand et de la Contour. On retrouve dans ces 3 édifices l’illustration du cycle de l’Enfance du Christ, le Jugement dernier, du Dict des trois morts et des trois vifs, et du Christ en gloire.
I/ Eglise d’Antigny, sa chapelle Sainte-Catherine et la lanterne des Morts
Alors que l’église d’Antigny entame une longue restauration, il est étonnant de penser que les peintures murales de la nef et de la chapelle furent découvertes par un trivial choc lorsqu’un camion en 1990 heurtait les murs de l’église. Il fit décoller le badigeon qui masquait le décor de peintures murales datant du XIIe et XIVe siècle.
La petite sœur de Saint-Savin
Cette église, véritable trésor, est considérée comme la petite sœur de Saint-Savin (à 5km de là). Récemment, en installant des échafaudages, surgit une main sous le badigeon bleu de la voûte. Nul doute que bientôt apparaîtront l’ensemble d’un décor datant du XVe siècle. C’est ce que nous assure Diane de Moussac, présidente des Amis d’Antigny et Isabelle Soulard, historienne et chargée du développement touristique, communication et marketing pour l’Abbaye de Saint-Savin.

Des fresques d’une grande diversité de styles et de couleurs
L’église Notre-Dame d’Antigny, édifice remarquable, s’illustre pour ses fresques du XIIe siècle qui représentent des scènes du Jugement dernier ainsi que des motifs géométriques et végétaux. Très bien conservées, elles témoignent d’une grande diversité de styles et de couleurs. L’église abrite également dans sa chapelle funéraire un ensemble de fresques du XVe siècle, illustrant des scènes bibliques telles que la vie du Christ et de la Vierge Marie, ainsi que des thèmes moralisateurs populaires à l’époque, comme la Rencontre des Trois vifs et des Trois morts. Une étonnante qualité d’exécution, des détails soignés et des couleurs encore vibrantes !

Chapelle Sainte-Catherine décorée de peintures murales en 1490
Cette chapelle jointe à l’église d’Antigny est dédiée à Sainte Catherine. Elle voûtée d’un simple berceau brisé sans bandeau et décorée de peintures murales au temps de Jean de Moussy, seigneur de Boismorand (1430-1510). il fit aussi décoré par de semblables peintures l’oratoire de son château de Boismorand, et la chapelle funéraire de Jouhet.


Les récents travaux de restauration ont permis de redonner vie à ces œuvres, révélant des détails oubliés et soulignant la richesse iconographique de ce patrimoine sacré.
Antigny, la lanterne des Morts, une particularité du Poitou
A Antigny, la place triangulaire face à l’église est bordées de tilleuls. La lanterne des Morts (XIIe ou XIIIe siècle) est le dernier témoin du cimetière mérovingien.

Située au Moyen Âge dans les cimetières
Particularité du Poitou, du Limousin et de la Saintonge, les lanternes des morts sont, au Moyen Âge, situées dans les cimetières, au milieu du bourg, à proximité de l’église. Frappés d’arrêtés en vertu de salubrité publique, nombreux cimetières sont déménagé à ta périphérie des bourgs à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle. Beaucoup de lanternes sont alors détruites ou déplacées pour être remontées sur la place publique quand elles ont été jugées dignes d’intérêt. Celle d’Antigny se dresse sur la place du village. La lampe, placée dans sa partie haute, était vraisemblablement montée par une personne qui devait alors grimper dans la colonne creuse (sans doute un enfant). Des trous sont d’ailleurs toujours visibles dans la pierre pour servir d’appui. Vers 1880, elle est entièrement démontée et remontée. A cette occasion, elle est sans doute légèrement déplacée par rapport à son emplacement originel. Sa dernière restauration remonte à 1909. Elle fut classée aux Monuments Historiques en 1884.

II/ L’oratoire du château de Boismorand si proche de la chapelle d’Antigny
Le château de Boismorand est d’origine médiévale avec un logis du XVe siècle. Au XIXe siècle, le château fut remanié dans le style néogothique. Son oratoire abrite des peintures murales du XVe siècle. Au milieu d’une véritable châtaigneraie, un chêne creux légendaire aurait permis au chatelain de se cacher lors de la Révolution française. Diane de Moussac, Présidente des amis d’Antigny (tout proche) est presque chez elle, elle y est née.

Son oratoire a conservé son décor intact
Le château de Boismorand édifié entre 1470 et 1490 apparaît dans un écrin de prairies, dominant la vallée de la Gartempe. Son oratoire a conservé son décor intact, représentant l’enfance du Christ, le Jugement dernier, le «dict» des trois morts et des trois vifs, et le Christ en gloire entouré du tétramorphe, très semblables aux peintures murale de la chapelle funéraire de Jouhet. Le château a été profondément remanié au XIXe siècle et comporte des vestiges d’enceinte. Communs et jardin datent également du XIXe siècle.

De Napa Valley en Californie au château de Boismorand à Antigny
Le château appartient aujourd’hui à un homme d’affaires californien, Dario Sattui. Pour info, il a fait construire son propre château de style italien du XIIIe siècle sur son domaine viticole de la Napa Valley en Californie : le Castello di Amorosa (« château de l’amour »!). Un édifice médiéval de 107 pièces ! Là-bas, Dario Sattui est reconnu comme l’un des noms les plus prestigieux du monde viticole californien. N’est-il pas l’arrière-petit-fils de l’un des premiers vignerons de la vallée. Mais interrogez Dario sur son endroit préféré ? Lui le grand amoureux de la nature vous dira que c’est bien loin de la Californie. Qu’il faut aller jusqu’en Poitou, France (!) dans un château dont il est tombé amoureux, Boismorand.
Oratoire Sainte-Catherine (Château de Boismorand à Antigny)
La chapelle du Château de Boismorand, édifiée au XVe siècle, se distingue par ses peintures murales qui reflètent la richesse culturelle et spirituelle de l’époque. À l’instar de celles de la chapelle de Jouhet, ces peintures ont probablement été commandées par les mêmes figures locales influentes, ce qui explique les similitudes dans les décors des deux sites. Elles se caractérisent par une grande richesse iconographique, illustrant principalement des scènes du cycle de l’Enfance du Christ, du Jugement dernier, du Dict des trois morts et des trois vifs, ainsi que du Christ en gloire entouré du tétramorphe. Ces œuvres, réalisées à sec, témoignent d’une maîtrise technique et artistique remarquable pour l’époque, et montrent l’importance qu’accordaient les seigneurs locaux à la décoration des lieux de culte, en tant que moyen d’affirmer leur piété et leur statut social. La chapelle a cependant conservé son décor intact, offrant un rare témoignage de l’art religieux médiéval. Ces peintures ne sont pas accessibles au public.
Des fresques admirablement conservées

III/ Jouhet, chapelle Sainte-Catherine, petit chef-d’œuvre aux couleurs étonnamment vives
Véritable petit chef-d’œuvre aux couleurs chatoyantes. Quatre ont été utilisées au XVe siècle pour réaliser l’ensemble de ces peintures : le blanc (blanc de plomb ou chaux), ocre rouge, ocre jaune et noir. Cette chapelle était au Moyen Âge la chapelle du cimetière. Construite au XVe siècle à l’initiative du curé de la paroisse, elle est ornée de peintures murales de la fin du XVe siècle, probablement commanditées par le seigneur de la Contour, Jean de Moussy, également seigneur de Bois-Morand à Antigny. Elles évoquent notamment une scène très en vogue à la fin du Moyen Âge, la « Rencontre des trois morts et des trois vifs » qui occupe près de 20 % de sa surface peinte et qui rappelle la fragilité de la vie terrestre et l’espoir de la résurrection. Cet ensemble est à rapprocher des peintures de la chapelle située dans l’église d’Antigny. Cet ensemble a été Classé aux Monuments Historiques en 1908. Pour y entrer, procurez-vous la clé au restaurant Le Val de Gartempe ou à la mairie.

Entrez et admirez, côté positif, côté négatif !
Le décor illustre la création d’Eve, le Péché originel, le cycle de l’Enfance du Christ…Mais attention ! Sa composition témoigne d’une volonté didactique car en quelques scènes, les images délivrent un message autour de la faute, de la rédemption et du jugement dernier. Ici, rien n’est donc placé au hasard. Au nord, traditionnellement chargé négativement, les scènes de la Tentation et la rencontre des trois morts et des trois vivants. Au sud, côté positif, les scènes de l’Enfance du Christ qui renvoie à la Rédemption. Les rois qui s’agenouillent devant le fils de Dieu dans l’adoration des mages, s’opposent aux trois seigneurs vains et orgueilleux de la rencontre des trois morts et des trois vifs. La Vierge de l’Annonciation, la nouvelle Eve, répond en diagonal à Eve de la Tentation. A la fin du XVe siècle, dans un contexte difficile de guerres, d’épidémies et de famines, ces messages sont d’autant plus forts pour les chrétiens qui voient ces images.

Rencontre des trois morts et des trois vifs
Cette scène se retrouve dans l’église Notre-Dame d’Antigny (chapelle Sainte-Catherine et mur nord de la nef) et dans l’oratoire du château de Boismorand.

IV/ Saint-Germain face à Saint-Savin, aux étonnantes grisailles de son église

Eglise de Saint-Germain : fluctuat nec mergitur
Voici cette petite église romane de Saint-Germain faisant humblement face à l’abbaye de Saint Savin dont elle fut sa dépendance au XIIe siècle. Seule la Gartempe les sépare, rivière qui semble bien tranquille mais aux crues redoutables. Fort heureusement la population répond présent. A chaque débordement, elle se mobilise pour remettre en état son église.


De superbes grisailles qui racontent la vie de saint Germain d’Auxerre.
L’église de Saint-Germain abrite d’étonnantes peintures murales du XIXe siècle. Des peintures polychromes, classiques pour l’époque, représentant notamment un Christ en majesté et, plus exceptionnelles, des peintures en « grisailles » réalisées par Octave Pichaut? Elles ornent le chœur. Ces dernières donnent l’étonnante illusion de bas-relief et représentent des scènes de la vie de saint Germain, évêque d’Auxerre et titulaire de l’église (les grisailles sont une technique utilisant des nuances de gris pour imiter la sculpture). En intégrant des éléments artistiques, elle rappellent l’art médiéval tout en adoptant une approche moderne propre à l’époque. Ces grisailles de l’église Saint-Germain contribuent sans doute à faire de cet édifice une curiosité dans la Vallée des Fresques, particulièrement pour son lien avec l’art du XIXe siècle. A rapprocher de l’église Saint-Laurent à Montmorillon.

V/ Des bords de la Gartempe, Montmorillon nous offre la dernière étape de la Vallée des fresques
Montmorillon doit aux eaux de la Gartempe en partie son histoire liée aux livres. Au siècle des Lumières, les berges de la rivière étaient occupées par des moulins à papier. Dans les années 1990, le Salon du livre contribua à la mise en lumière de son riche passé.


Montmorillon, quand l’art roman cohabite avec l’art sacré du XIXe siècle
Montmorillon est marquée par ses nombreux monuments de l’art roman classés. Il suffit de monter sur les hauteurs de la ville pour découvrir l’incroyable Maison-Dieu. Un immense ensemble qui se cherche aujourd’hui des occupants. Il comprend la chapelle Saint-Laurent, l’Octogone, unique en Europe, la tour de fortification, le chauffoir, la grange des dîmes et les bâtiments monastiques ainsi que 4,5 ha de jardins.

Chapelle Saint-Laurent et ses peintures murales du XIXe siècle
La chapelle Saint-Laurent de Montmorillon est ornée de peintures murales du XIXe siècle, faisant d’elle une étape de la “Vallée des fresques”. Originellement fondée au XIIe siècle pour servir de lieu de prière aux moines augustins de la Maison-Dieu de Montmorillon, la chapelle a subi une transformation significative au XIXe siècle pour accueillir le Petit Séminaire. C’est durant cette période que l’intérieur a été embelli par un ensemble de fresques murales réalisées par la Société d’Art Chrétien de Tours.


Des scènes de la vie chrétienne, avec un soin apporté aux détails vestimentaires

Voici des peintures qui illustrent notamment des scènes de la vie chrétienne, avec un soin apporté aux détails vestimentaires et aux expressions des personnages, reflétant un style académique très en cours à l’époque. Voir les représentations d’anges, certains jouant des instruments de musique, d’autres participant à des scènes liturgiques, leurs ailes déployées et leurs vêtements drapés avec cet élan typique de l’art sacré du XIXe siècle. Les murs de la chapelle sont également décorés de motifs floraux et géométriques, encadrant les scènes principales et ajoutant une dimension décorative qui rappelle les manuscrits enluminés du Moyen Âge.
Cette chapelle ossuaire dite l’Octogone.

L’Octogone se situe au sein du complexe de la Maison-Dieu. Etonnant édifice datant du XIIe siècle, initialement conçu comme une chapelle funéraire ! Cette forme octogonale, rare et symbolique, en fait un exemple unique de l’architecture médiévale en France. Au fil des siècles, l’Octogone a évolué dans sa fonction, devenant un ossuaire où étaient déposés les ossements exhumés des cimetières environnants. Il fallait en effet gérer les espaces saturés des cimetières. L’intérieur est sinistrement sobre : des murs épais et peu d’ouvertures, créant une atmosphère de recueillement, idéale tant pour les rites funéraires que pour la conservation des restes humains.
Qui veut de la Maison Dieu ?

C’est un immense édifice désespérément vide ! Sa fondation date du XIe siècle ? Elle avait pour vocation l’accueil des pèlerins et des malades. Elle connaît un essor exceptionnel jusqu’au XVIe siècle. Lorsque la Maison-Dieu est reprise par les Augustins réformés de Bourges au XVIIe siècle, ils bâtissent les bâtiments conventuels de style classique. Ce sont ces mêmes bâtiments qui vont accueillir au XIX e siècle un petit séminaire qui lui même sera transformé en EPHAD. Il fermera ses portes dans les années 2000. En 2022, le site alors propriété du CHU de Poitiers est cédé à l’Etablissement public foncier de Nouvelle Aquitaine dans la perspective d’accueillir un projet d’ampleur. Serait-ce l’Institut international de Montmorillon ?
La Maison-Dieu, sous les auspices d’une ministre et d’un chef étoilé !
Et c’est ainsi que tout s’est emballé ! Régis Marcon chef étoilé qui accompagnait la ministre de la culture, Rachida Dati, le 17 novembre 2025 s’est déclaré partant pour créer ici, à la Maison-Dieu à Montmorillon, un centre de formation en hôtellerie et restauration haut de gamme. Pour cela, il est soutenu par la ministre qui en a présenté les grandes lignes. Un projet porté également par un entrepreneur franco-américain sous le vocable : Institut international de Montmorillon. L’objectif : faire de Montmorillon une référence mondiale en matière de gastronomie.

Une Vallée des fresque toute en aquarelles

Une reconnaissance qui devrait suivre son cours
Une Vallée des fresques qui reçoit le soutien de Rachida Dati Ministre de culture pour sa reconnaissance ! Logique puisqu’elle est dans le prolongement de l’Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe inscrite depuis 1984 au patrimoine mondial de l’Unesco ? Une reconnaissance de bon augure pour Diane de Moussac (présidente des Amis d’Antigny) et Isabelle Soulard (historienne et en charge de la communication de l’abbaye et de Vallée des fresques) et un avenir plein de promesse pour leur chère vallée !
Ma Vallée des fresques est le premier carnet édité par Diane de Moussac. Diane est peintre. Elle réside en Poitou. Elle a produit de nombreuses expositions et réalisée de nombreux carnets de voyages à travers le monde.
“Voilà je suis née là, à un tire d’aile de ce chef-d’œuvre, l’abbatiale de Saint-Savin et de ses petites sœurs. Ces églises et ces châteaux, aux bords des rives de la Gartempe sont là comme des gardiens de nos histoires, au fil de l’eau, au fil du temps qui s’écoule”. dianedemoussac.blog4ever.com”
Pour aller plus loin sur l’abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe :
Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe, le cœur de la “Vallée des fresques” – Dico du patrimoine