Cathédrales, abbayes, châteaux, ponts…

Reims, dans le secret du sacre des rois

Reims, cathédrale royale où furent sacrés les rois de France ! De tous les pores de ses pierres, la cathédrale de Reims exhale l’Histoire de France. Voici sous forme d’un abécédaire, d’Adoubement à Scrofuleux, les 30 portes qui vous feront entrer dans cette extraordinaire cathédrale, le jour du sacre d’un roi :

A/Adoubement, Ampoule (la Sainte Ampoule), Anneau, Attributs royaux. C/Calendrier des sacres, Capétiens ou le choix de Reims, Cathédrale Notre Dame de Reims, une monarchie universelle, Cérémonie du sacre, Clovis, Corbeny, le roi thaumaturge, Couronne, Colombe; D/Dernier sacre. E/Ecrouelles (les), voir scrofuleux, Exceptions (le rois qui ne furent pas sacrés à Reims). H/Hincmar. I/Insignes royaux ou regalia. M/Main de justice (ou verge). O/Onction (voir aussi ampoule), Ordo, Origines du sacre. P/Premier roi. Q/Qui paye ? R/Regalia, Reims, Remi (Saint Remi), Reines (le sacre des reines), Rituel du sacre (ou Ordo). T/Thaumaturge (roi). S/Scrofuleux (voir écrouelles). Et pour aller plus loin, l’ouvrage de Patrick Demouy : Le Sacre du Roi

Cathédrale de Reims qui fut le cadre des sacres des rois de France jusqu'au XIXe siècle
Cathédrale de Reims qui fut le cadre des sacres des rois de France jusqu’au XIXe siècle (Photo FC)

Adoubement

Lors de l’adoubement (en français médiéval : équiper), première étape de la cérémonie du sacre, le roi abandonne une partie de ses vêtements pour recevoir les souliers, les éperons d’or et l’épée.
Lors de l’adoubement (en français médiéval : équiper), première étape de la cérémonie du sacre, le roi abandonne une partie de ses vêtements pour recevoir les souliers, les éperons d’or et l’épée.

La première partie de la cérémonie du sacre est une forme d’adoubement (rite chevaleresque). L’abbé de Saint-Denis a apporté les insignes de chevalerie. Le roi va alors abandonner une partie de ses vêtements pour recevoir du grand chambellan, les chausses, les éperons d’or et l’épée (l’épée de Charlemagne appelée « Joyeuse ») qui fait de lui, le bras séculier de l’église.

Ampoule (la sainte ampoule)

La sainte ampoule renferme le saint chrême dans une petite fiole haute de 42 mm . C’est une huile qui aurait été envoyée du ciel par une colombe à Rémi pour servir d’huile baptismale lors du baptême de Clovis (le fondateur du royaume chrétien des Francs). Elle fut authentifiée d’ailleurs en 1131, par le pape Innocent II. Lors de la cérémonie du sacre, l’archevêque se rend aux portes de la cathédrale. L’abbé de Saint-Rémi l’attend. Il est entouré de ses moines et des barons chargés d’escorter la sainte ampoule. Elle est solennellement déposée sur le maître-autel, près des insignes royaux. Le roi est à genou. Il reçoit l’onction des mains de l’archevêque de Reims sur la tête, la poitrine, entre les épaules, sur chacune des épaules et à la jointure des bras. Par cette onction, il devient roi par la grâce de Dieu.

Une ampoule d’aromates oubliée

L’origine de cette huile serait prosaïquement plus humaine (!). L’ampoule fut découverte par Hincmar* dans le tombeau de saint Rémi (où elle fut d’ailleurs entreposée jusqu’à la Révolution sous la bonne garde de l’abbaye de Saint-Rémi à Reims). Ne serait elle pas tout simplement une ampoule d’aromates oubliée qui servit à embaumer le corps du saint ? Lorsque ses reliques furent profanées en 1793, le crâne conservait encore peau et poils de barbe, preuve d’un embaumement.

*En 852 eut lieu une translation des reliques sous l’autorité d’Hincmar, alors archevêque de Reims (de 845-882). Tout laisse croire qu’il trouva cette ampoule. Pour preuve, il est à l’origine de sa légende.

Conservée dans le tombeau de Saint Rémi

Louis le Bègue fut le premier roi à avoir été sacré. C’était en 877, non à Reims mais à Compiègne. Cette ampoule conservée dans le tombeau de saint Rémi est bien réelle. Avant la Révolution, elle n’en sortait que pour le sacre des rois à l’exception d’une fois, à la mort de Louis XI qui la voulu près de lui. A la Révolution, elle fut trouvée et brisée place Royale à Reims, devant des milliers de témoins par un révolutionnaire, un certain Rühl, le 7 octobre 1793. Son gardien en aurait retiré le contenu qui serait aujourd’hui à l’évêché.

Anneau

C’est le signe de la foi, de la dignité royale, marque de la puissance. Revêtu de sa tunique bleue, le roi se voit remettre par l’archevêque de Reims cet anneau [mis au quatrième doigt de la main droite) après l’attribution des deux principaux insignes du pouvoir, la couronne et le trône.

Attributs royaux

Ils sont attribués par l’archevêque de Reims. Les deux principaux insignes sont la couronne et le trône. Puis viennent, l’anneau, signe de la foi catholique; le sceptre qui représente la puissance; la main de justice (la verge) qui symbolise vertu (capacité à faire du bien) et équité.

Reims, sacre du roi (Manuscrit enluminé réalisé en France vers 1415-1420 puis vers 1455-1460, dont les 51 miniatures attribuées au peintre Jean Fouquet, manuscrit entreposé à la Bibliothèque nationale de France
Reims, sacre du roi (Manuscrit enluminé réalisé en France vers 1415-1420 puis vers 1455-1460, dont les 51 miniatures attribuées au peintre Jean Fouquet, manuscrit entreposé à la Bibliothèque nationale de France

Calendrier des sacres

Dimanches et fêtes*, jours de sacre. Il n’y a pas eu d’exception.

*Grandes fêtes religieuse

I/Les rois sacrés dans la cathédrale carolingienne (cathédrale construite à l’emplacement de l’ancienne vers 817) l’étaient du vivant de leur père.

  • Dimanche 14 mai 1027 : Henri 1er
  • Dimanche 23 mai 1059 : Philippe 1er
  • Dimanche 14 avril 1129 : Philippe fils ainé de Louis VI (mort en 1131 avant d’avoir régné)
  • Dimanche 25 octobre 1131 : Louis VII
  • Jeudi 1er novembre 1179 : Philippe II

II/Liste des 25 rois sacrés dans la cathédrale actuelle (suite à l’incendie de la cathédrale carolingenne en 1210, construction de la cathédrale actuelle à partir de 1211).

  • Dimanche 6 août 1223 : Louis VIII le Lion
  • Dimanche 29 novembre 1226: Louis IX (Saint Louis)
  • Samedi 15 août 1271 : Philippe III le Hardi
  • Dimanche 6 janvier 1286 : Philippe IV le Bel
  • Dimanche 3 août 1315: Louis X le Hutin
  • Dimanche 13 janvier 1317 : Philippe V le Long
  • Dimanche 21 février 1322 : Charles IV le Bel
  • Dimanche 29 mai 1328 : Philippe VI de Valois
  • Dimanche 26 septembre 1350 : Jean II le Bon
  • Dimanche 19 mai 1364: Charles V
  • Dimanche 4 novembre 1380 : Charles VI
  • Dimanche 17 juillet 1429 : Charles VII (conduit par Jeanne d’Arc)
  • Samedi 15 août 1461 : Louis XI
  • Jeudi 20 mai 1484 (Ascension) : Charles VIII
  • Dimanche 27 mai 1498 : Louis XII
  • Jeudi 25 janvier 1515 : François 1er
  • Mardi 26 juillet 1547 : Henri II
  • Lundi 18 septembre 1559 : François II
  • Jeudi 15 mai 1561 (Ascension) : Charles IX
  • Dimanche 13 février 1575 : Henri III
  • Dimanche 17 octobre 1610 : Louis XIII
  • Dimanche 7 juin 1654 : Louis XIV
  • Dimanche 25 octobre 1722 : Louis XV
  • Dimanche 11 juin 1775 : Louis XVI
  • Dimanche 29 mai 1825 : Charles X
Reims, couronnement de Charles X (Jean-Charles Develly)
Reims, couronnement de Charles X d’après le peintre Jean-Charles Develly, le dimanche 29 mai 1825, dernier sacre d’un roi de France.

Capétiens ou le choix de Reims

Au départ, deux camps se disputent le titre de ville du sacre : l’archevêque de Sens, allié des Robertiens (appelés Capétiens à partir de 987) et l’archevêque de Reims, supporteur des capétiens. Ce dernier l’emporte. Mais la ville du sacre est encore fluctuante entre Laon, Noyon, Compiègne ou Reims. Reims l’emportera à l’avènement des Capétiens et au rattachement de Reims au domaine royal.

Cathédrale Notre Dame de Reims, une monarchie universelle

Contrairement à ce qu’on peut croire, Reims, chef d’œuvre de l’architecture gothique n’est pas un sanctuaire dynastique comme le fut l’abbatiale de Saint-Denis. D’ailleurs, dans la majestueuse statuaire de la façade, inutile de chercher la figure des rois de France. Dans cette extraordinaire galerie des rois, ces cinquante six statues colossales représentent les rois de Juda et d’Israël avec en leur centre, Clovis dans la piscine baptismale recevant la sainte Ampoule. C’est le symbole d’une monarchie universelle affirmant que le pouvoir vient de Dieu et que la mission des rois est de conduire leurs peuples à Dieu.

La galerie des Rois se situe au-dessus de la rosace et de la scène décrivant le combat de David et Goliath. Elle est composée de 56 statues dont chacune mesure 4,50 m de haut et pèse 6 à 7 tonnes (au centre, le baptême de Clovis).
La galerie des Rois se situe au-dessus de la rosace et de la scène décrivant le combat de David et Goliath (le roi étant le nouveau David). Elle est composée de 56 statues dont chacune mesure 4,50 m de haut et pèse 6 à 7 tonnes (au centre, le baptême de Clovis). Photo DR

Cérémonie du sacre

Pour le roi, tout commence, la veille par une veillée de prière et une confession vers minuit. Après oraison dans la cathédrale, le roi regagne le Palais du Tau (le palais épiscopal) pour se reposer.

Nous demandons Louis*

Tôt, le matin du sacre, l’évêque de Laon se présente devant la porte du roi : nous demandons Louis (ou Charles) que Dieu nous a donné pour roi , La porte s’ouvre, les évêques présents lèvent alors le roi couché sur un lit de parade. Une fois formé, le cortège royal arrive devant la cathédrale. Elle est fermée : Ouvrez les portes. Une voix de l’intérieur répond : qui est ce roi de gloire. Et cela trois fois de suite avant que les lourdes portes de l’édifice ne s’ouvrent. Devant l’autel, l’archevêque de Reims attend le roi. Au son du Veni Creator (viens Esprit de Dieu visiter les âmes de tes fidèles …), il lui désigne son fauteuil. Le serment peut commencer. Il se prononce à haute voix, la main sur les évangiles. Le roi promet de garder les privilèges de l’église, de maintenir la paix et la justice et d’exterminer (chasser) les hérétiques. Puis il se prosterne alors qu’un Te Deum retentit sous les voûtes de la cathédrale. Nous arrivons alors au cœur de la cérémonie. Elle se déroulera en trois actes.

*Ou Charles évidemment.

Le déroulement des sacres, et l'importance du chapitre exigeaient un vaste espace. Les piliers diminuent de section et se resserrent à chaque travée, accentuant l'effet d'élévation.
Le déroulement des sacres, et l’importance du chapitre exigeaient un vaste espace. Les piliers diminuent de section et se resserrent à chaque travée, accentuant l’effet d’élévation (Photo FC)

Une cérémonie en 3 actes

1/L’adoubement : le roi va en partie se dévêtir pour ne conserver que la tunique et la chemise. Face à l’autel ont été déposés les regalia (attributs royaux) apportées par l’abbé de Saint-Denis: L’anneau, signe de la foi catholique, les chausses fleurdelisées ; le sceptre royal, symbole de commandement; l’épée «Joyeuse» dite épée de Charlemagne*, symbole de l’engagement guerrier et que le roi reçoit genoux fléchis (elle est ensuite confiée au sénéchal qui doit la garder pointe en l’air jusqu’à la fin de la cérémonie) ; les éperons d’or, symbole d’humilité et du devoir chevaleresque ; la main de justice, symbole du droit à rendre la justice.
*Elle possède un pommeau viking et une garde du XIIe siècle.

Epée dite de Charlemagne appelée « Joyeuse ». Elle se trouve aujourd’hui au Louvres (premier étage de l’aile Richelieu), parmi les objets d’art du Moyen-âge. Elle fait partie des « regalia », un ensemble d’objets qui symbolisaient le pouvoir royal et servaient pour le sacre des rois de France.
Epée dite de Charlemagne appelée « Joyeuse ». Elle se trouve aujourd’hui au Louvres (premier étage de l’aile Richelieu), parmi les objets d’art du Moyen-âge. Elle fait partie des « regalia », un ensemble d’objets qui symbolisaient le pouvoir royal et servaient pour le sacre des rois de France (Photo DR)

2/L’onction : après des prières pour la santé du roi et la prospérité du royaume, intervient le rite essentiel de l’onction à partir de la sainte Ampoule. Le roi est à genou devant l’archevêque (assis). Avec le pouce, il lui applique une septuple onction : je t’oins pour la royauté de l’huile sanctifiée, au nom du père, du fils et du Saint-Esprit.

3/Le couronnement : le roi revêtu de la tunique bleue va recevoir maintenant les deux principaux insignes du pouvoir royal, la couronne et le trône. Les douze pairs de France, les douze grands vassaux de la couronne sont alors appelés :

  • l’archevêque-duc de Reims, le premier pair, celui qui sacre aujourd’hui le roi et le
    couronne;
  • les évêques-ducs de Laon (portant la sainte Ampoule) et de Langres (le sceptre) ;
  • les évêques-comtes de Beauvais (le manteau royal), de Châlons (l’anneau) et de Noyons (le baudrier) ;
  • les ducs de Bourgogne (la couronne), de Normandie (la première bannière) et
    d’Aquitaine (la seconde bannière) ;
  • les comtes de Flandre (l’épée), de Toulouse (les éperons) et de Champagne (l’étendard).

Ils font cercle autour de leur souverain soutenant comme arcs-boutants du trône, la couronne au-dessus de la tête du roi. Mais seul, l’archevêque est en droit de l’imposer, car c’est dieu qui donne la couronne de gloire et de justice. Il sera le premier suivi par les pairs du royaume à donner au roi le baiser de paix et de fidélité.

Eugène Lenepveu
Sacre à Reims de Charles VII en présence de Jeanne d’Arc le 17 juillet 1429 (par Jules Eugène Lenepveu).

Juché entre terre et ciel

Le roi ainsi couronné peut alors prendre possession de son trône, un trône surélevé, dominant le jubé. Il est juché entre terre et ciel, il est devenu le médiateur entre Dieu et les hemmes, ses sujets. A ce moment précis, retentit alors une immense acclamation : Vivat rex in aeternum, (vive le roi éternellement) poussé par l’assistance au son des trompettes alors que les clochers de la ville sonnent à toute volée, que des colombes sont lâchées sous les voûtes et que des pièces et des médailles sont jetées à la foule enfin admise dans la cathédrale. Le sacre royal s’achèvera par une grand-messe à laquelle le roi assiste, assis sur son trône avant d’en descendre pour recevoir la communion, dans le calice d’or de saint Remi.

Le calice du sacre des rois de France, appelé aussi calice de saint Remi est un calice en or à pied circulaire orné de pierres précieuses et portant une inscription gravée en creux. Ce trésor de la cathédrale de Reims classé monument historique est exposé au Musée du Palais du Tau. Il fait partie des regalia de la couronne de France.
Le calice du sacre des rois de France, appelé aussi calice de saint Remi est un calice en or à pied circulaire orné de pierres précieuses et portant une inscription gravée en creux. Ce trésor de la cathédrale de Reims classé Monument historique est exposé au Musée du Palais du Tau. Il fait partie des regalia de la couronne de France (Photo DR)

5 heures de cérémonie

Après 5 heures de cérémonie, un festin a été préparé dans le palais du Tau. Il réunit le roi couronne en tête avec ses ornements, sceptre et verge (la main de justice) étant posé sur la table. Il a devant lui, son connétable tenant l’épée. Il est entouré des douze pairs du royaume (les ecclésiastiques portent mitre et chape et les laïcs, manteaux et couronnes). Aucune femme n’est admise, elles sont présentes mais dans les tribunes. Une dernière démarche attend encore le souverain, il doit recevoir le lendemain un pouvoir surnaturel, celui de la guérison des écrouelles.

Clovis

Le baptême de Clovis dans Ia nuit d noël (qui pourrait être l’année 496) au milieu de ses 3000 Sicambres est en quelque sorte un prélude au sacre des rois. Clovis reçoit le baptême à la demande de sa femme Clotilde, une princesse burgonde chrétienne, dans la cathédrale de Reims, des mains de l’évêque Rémi. Ce jour là, pour la première fois, la royauté s’inclinait devant le roi d’un autre Royaume, celui des cieux. On dira par la suite qu’il a été ce jour là, baptisé et sacré par le saint chrême (voir Hincmar).

Le 25 décembre 498 (496 selon certains historiens), jour de noël, Clovis est baptisé à Reims par l'évêque Remi, avec 3000 guerriers francs, dans la religion catholique. Il aurait été oint selon une tradition rapportée par Hincmar au XIe siècle, d’une huile venue miraculeusement du ciel, qui, conservée dans la Sainte Ampoule, servit dès lors au sacre des rois.
Le 25 décembre 498, jour de noël, Clovis est baptisé à Reims par l’évêque Remi avec 3000 guerriers francs. Il aurait été oint selon une tradition rapportée par Hincmar au XIe siècle, d’une huile venue miraculeusement du ciel, qui, conservée dans la Sainte Ampoule, servit dès lors au sacre des rois. Au-dessus de Clovis, la Sainte Colombe portant la Sainte Ampoule.

Corbeny, le roi thaumaturge

Le lendemain du sacre, le roi se rendait avec la cour en pèlerinage sur le tombeau de Saint-Macoult à Corbeny, à mi-chemin entre Reims et Laon (le village situé à l’extrémité du Chemin des Dames a été entièrement détruit en 1917). Il recevait là un pouvoir surnaturel, un pouvoir thaumaturge, celui de toucher et de guérir les écrouelles (ou scrofules) : le roi te touche, Dieu te guérit, Louis le Hutin fut le premier à se rendre à ce pèlerinage après son sacre, le dimanche 3 août 1315. Le dernier à s’y rendre fut Charles X, en 1825.

Couronne

La couronne du sacre est posée sur la tête du roi par l’archevêque de Reims. Elle a été exécutée à cet effet et ne sert qu’à cette occasion. Elle est ensuite déposée en l’abbatiale de Saint-Dénis (aujourd’hui basilique). C’est une couronne d’or surmontée de 4 fleurs de lys. Cette lourde couronne a malheureusement disparue en 1590 pendant les troubles de la Ligue. Elle a été remplacée par celle de la reine.

La couronne est le symbole même des insignes royaux (régalia). A chaque sacre à Reims, le futur roi dispose de deux couronnes (elles lui sont propres) qu’il ceint lors de la cérémonie du sacre. La première est en or émaillé. La seconde est en argent doré et à partir de 1772, elle est ornée de diamants parmi les plus précieux du trésor royal.
La couronne est le symbole même des insignes royaux (régalia). A chaque sacre à Reims, le futur roi dispose de deux couronnes (elles lui sont propres) qu’il ceint lors de la cérémonie du sacre. La première est en or émaillé. La seconde est en argent doré et à partir de 1772, elle est ornée de diamants parmi les plus précieux du trésor royal (Photo DR)

Colombe

A l’instar de la colombe, symbole de l’Esprit de Dieu, qui d’après l’Evangile descend au¬ dessus de la tête de Jésus, c’est également une colombe qui va transmettre à Rémi, cette ampoule contenant le saint chrême, l’huile baptismale qui lui permet de baptiser Clovis roi des Francs, à l’ origine de la dynastie mérovingienne. Cette onction du baptême, associée au sacre, en fait un élu de Dieu, établissant la filiation spirituelle (et royale) avec la lignée de David.

Dernier sacre

C’est celui de Charles X, il a lieu en grandes pompes à Reims,le 29 mai 1825. Le roi a 67 ans. Il est le dernier frère de Louis XVI. Ce que Louis XVIII quelques années plus tôt avait judicieusement évité, ce dernier roi tente pourtant d’en ressusciter le rite. Pour l’occasion, il fit construire un décor extérieur (collé à la façade de la cathédrale) digne d’un palais pour accueillir les hôtes de marque. Mais l’opinion est déjà contre lui. Il sera renversé 5 ans plus tard.

Le fastueux et dernier sacre d’un roi à Reims. Ce fut celui de Charles X, le 29 mai 1825. Âgé de 67 ans, le dernier frère de Louis XVI sera renversé 5 ans plus tard.
Le fastueux et dernier sacre d’un roi à Reims. Ce fut celui de Charles X, le 29 mai 1825. Âgé de 67 ans, le dernier frère de Louis XVI sera renversé 5 ans plus tard (œuvre de Charles Abraham Chasselat, entreposée au Château de Versailles).

Ecrouelles (les)

(voir scrofuleux)

Exceptions

(ou le rois qui ne furent pas sacrés à Reims)

  • Hugues Capet élu roi par ses pairs en 987 est sacré à Noyon et non à Reims. Il est le fondateur de la dynastie des Capétiens qui règne de 987 à 1328 puis par branche collatérale, de 1328 à 1792.
  • Son fils Robert II le Pieux (1096-1131) est sacré à Orléans le jour de noël 987 par l’archevêque de Reims.
  • Louis II le Gros est sacré lui aussi à Orléans en 1108 mais par l’archevêque de Sens.
  • Henri IV est sacré le 3 juillet 1594 dans la cathédrale de Chartres, n’ayant pu rallier Reims, la ville étant à cette époque entre les mains de ses ennemis (les Guise et les ligueurs).
  • Louis XVIII (1814-1824), frère de Louis XVI qui sachant qu’il ne peut restaurer l’ancienne monarchie, octroie une chartre et évite judicieusement le sacre.
  • Louis-Philippe (1830-1848), fils de Philippe Égalité, qui avait voté la mort de Louis XVI instaure la monarchie constitutionnelle. Il est le roi des français, il n’est pas roi par la grâce de dieu. Il n’a donc pas à être sacré.

Hincmar

Ancien moine de l’abbaye de Saint-Denis, Hincmar devient archevêque de Reims en 845 grâce à l’appui de Charles le Chauve* roi de Francie (royaume des Francs) qu’il couronne à Metz le 9 septembre 869 en tant que roi de Lotharingie (la Lorraine). Il fait reconstruire la cathédrale de Reims et couronne en 877, Louis le Bègue, héritier de Charles le Chauve, roi des Francs à Compiègne.

Il est l’inventeur de la sainte ampoule

C’est lui qui serait à l’origine de la sainte ampoule renfermant le saint chrême. Mais écoutons-le : le glorieux Clovis roi des Francs a été oint d’un chrême venu du ciel (par une colombe), que nous possédons encore. Il a lancé «le mythe» en écrivant la Vita Remigii, la vie de saint Rémi. Il y affirme qu’à Reims, Clovis a non seulement été baptisé par Rémi mais également qu’il a été sacré par le saint chrême. Cette fameuse ampoule reposait d’après Hincmar et cela depuis plus de 3 siècles, à Reims, dans le tombeau de Saint Rémi. Par la suite, lors des sacres à Reims, les moines de l’abbaye de Saint-Rémi l’apportaient en procession à la cathédrale pour la renfermer aussitôt après la cérémonie, dans leur abbaye.

*Il devient également empereur d’Occident de 875 à 877.

Insignes royaux ou regalia

Ces insignes désignent un roi de droit divin. Il s’agit de la couronne royale, du sceptre, de la main de justice et des ornements royaux, la chemise, la tunique, les sandales etc. Ils sont apportés à Reims lors du sacre par l’abbé de Saint-Denis dont l’abbaye est depuis une décision de Philippe-Auguste (1180-1223), la détentrice.

Main de justice (ou verge)

Insigne du pouvoir royal (regalia), la main de justice (en ivoire) est le symbole du roi qui rend une justice équitable. Elle a été détruite à la Révolution.

Onction (voir ampoule)

Le rite de l’onction confère au roi de France grâce à l’huile contenue dans cette fiole miraculeuse (le saint chrême) une position exceptionnelle, celle de régner par la volonté de Dieu. Il reçoit également la faculté de faire des miracles en guérissant les écrouelles. Ne rappelait-t-on pas alors à nos ennemis anglais que leur roi (ou reine) n’était sacré que par une vulgaire huile achetée dans le commerce !

Oint en 7 endroits

Lors du sacre, le roi est oint en 7 endroits: sur la tête, la poitrine, entre les épaules, à l’épaule droite et à l’épaule gauche; à la jointure du bras droit et du bras gauche et sur la paume des mains.

Ordo

(voir rituel du sacre)

Séries de textes établissant un cérémonial liturgique, en l’occurrence la cérémonie du sacre des rois de France.

Origines du sacre

Son origine remonterait à une coutume germanique qui voulait que le souverain fasse office d’intercesseur entre le monde divin et le monde humain. Pépin le Bref est le premier roi à être sacré, le 27 juillet 754, dans l’abbatiale de Saint-Denis (au nord de Paris) par le pape Étienne II. Il lui confère le titre de roi des Francs.

Premier roi

Le premier roi sacré à Reims est Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Il fut sacré empereur le 5 octobre 816 par le pape Etienne IV dans la première cathédrale, celle construite par Saint Nicaise.

Qui paye ?

Les finances royales ne furent jamais mises à mal par les frais du sacre. Tout était pris en charge* par Reims, c’est-à-dire … les ouailles de l’archevêque !

*y compris l’immense festin qui suivait la cérémonie réunissant l’archevêque, les évêques et la multitude des invités.

Regalia

(voir Insignes royaux)

C’est l’ensemble des symboles monarchiques qui servaient à la cérémonie du sacre des rois de France. Il s’agissait aussi bien des instruments liturgiques que les insignes du pouvoir comme la couronne, les éperons, le sceptre, la main de justice, l’épée, le manteau royal et son agrafe. Ces objets étaient alors conservés à l’abbaye de Saint Denis.

Reims

La ville est d’abord connue pour le baptême de Clovis par Remi, alors évêque de Reims dans la nuit de noël de l’année qui pourrait être 496. Mais ce n’est qu’en 744 que l’évêché de Reims est promu archevêché. En 816, Louis le Pieux (fils de Charlemagne) est le premier monarque français à inaugurer la cérémonie du sacre à Reims (par le pape Etienne IV). Hincmar, nommé archevêque en 845, fut le plus illustre des successeurs de Remi. II lance une première reconstruction de la cathédrale (celle que l’on voit aujourd’hui fut édifiée tout au long du XIIIe siècle).

Un choix tardif fait par Philippe-Auguste

Le choix de Reims comme sanctuaire du sacre des rois de France est tardif. Il date des capétiens, lorsque la ville est rattachée au domaine royal. Il faut pour cela attendre une décision de Philippe-Auguste (1180-1223) qui tranche en faveur de Reims, détenteur de la sainte ampoule. Ce choix se fait au détriment de l’abbaye de Saint-Dénis, nécropole des rois de France qui se voit confier la mission (en contrepartie), de garder non seulement l’oriflamme mais également les regalia (couronne, sceptre, épée, éperons, main de justice) et les ornements royaux. De 1027 à 1825 (le dernier sacre d’un roi de France), 30 sacres sur 32 eurent lieu à Reims. Voir Exceptions.

Basilique Saint-Remi à proximité du portail sud : statue représentant l’évêque Remi baptisant Clovis réalisée par Daphné du Barry à la demande de la maison de champagne Roederer pour célébrer le 15e centenaire du baptême de Clovis en 1996.
Basilique Saint-Remi à proximité du portail sud : statue représentant l’évêque Remi baptisant Clovis réalisée par Daphné du Barry à la demande de la maison de champagne Roederer pour célébrer le 15e centenaire du baptême de Clovis en 1996 (Photo DR)

Remi (saint)

Remi, évêque de Reims ne serait-il qu’un serviteur du roi mérovingien (Clovis) qu’il aurait baptisé un jour de noël d’une année qui pourrait être 496, avec 3000 de ses guerriers francs ? La scène est connue: le roi, debout dans la piscine baptismale, reçoit l’eau sur sa tête nue, des mains de l’évêque Rémi dans la cathédrale de Reims. Près de 4 siècles plus tard, la rédaction par l’archevêque Hincmar (845-882) d’une monumentale “Vie de saint Remi” (Vita Remigii) propulse la vie de Rémi par ce baptême au rang de père fondateur du sacre royal. Il a suffit à Hincmar d’imaginer le mythe de la sainte ampoule renfermant une huile miraculeuse, le saint chrême. Elle aurait été transmise à Rémi du ciel par une colombe pour servir d’huile baptismale, établissant de ce fait un lien (divin) entre Dieu et le roi. Hincmar pouvait ainsi sacrer son premier roi, Louis le bègue, le 8 décembre 877 ayant retrouvé inopinément cette sainte huile dans le tombeau rémois de saint Rémi.

Le baptême de Clovis représenté sur le portail du transept nord. Clotilde portant la couronne n’a plus de tête détruite pendant la première guerre mondiale
Le baptême de Clovis représenté sur le portail du transept nord. Clotilde portant la couronne n’a plus de tête détruite pendant la première guerre mondiale. A droite de Clovis, l’évêque Remi (Photo DR)

Reines (le sacre des reines)

L’histoire ne retient vraiment que le sacre d’une reine à Reims en 1364, celui de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V. Les rois sont en général trop jeunes ou célibataires au moment de leur sacre. Il était pourtant prévu de sacrer la reine juste après son époux par un cérémonial simplifié. Après leurs mariages, les reines de France furent sacrées, non à Reims mais à partir du XVe siècle, lors d’une cérémonie à Saint-Denis.

Rituel du sacre (ou Ordo)

Textes ordonnant la cérémonie du sacre. Différents textes (en latin) ont progressivement fixés le rituel du sacre. On en compte 2 principaux :
l’ordo d’Hincmar au IXe siècle. C’est lui qui apporte le rite de l’onction (la sainte ampoule), le couronnement et le serment. Ainsi, le roi s’engage-il à respecter et défendre l’Église, à assurer la paix et rendre justice.
l’ordo di de saint Louis, un manuscrit de 1246. Les acclamations de l’assistance dans la cathédrale de Reims remplacent l’ancienne coutume de l’élection du roi par ses pairs. IL fixe la remise des éperons et de l’épée en présence des 12 pairs du royaume; le baiser de paix. Au cours de la cérémonie, le roi reçoit les insignes de pouvoir (regalia). II prévoit également le sacre de la reine (si le roi est marié) qui a lieu juste après. Enfin, dès le XIe siècle, le roi de France se voit conférer un pouvoir thaumaturgique (de guérisseur). Le lendemain de son sacre intervient la cérémonie du toucher des écrouelles à Corbeny, près de Reims.

Thaumaturge (roi)

C’est celui qui guérit de manière miraculeuse. Le roi oint d’un chrême miraculeux lors de son sacre se voyait du même coup attribuer des pouvoirs thaumaturgiques. Un premier témoignage au XIIe siècle nous vient de Guibert de Nogent. II affirme avoir vu Louis VI le Gros (1108-1137) guérir des scrofuleux. Il laisse cet écrit poignant : que dirais-je du miracle journalier* que nous voyons opérer à notre maître Louis ? J’ai vu ceux qui ont des écrouelles au cou ou ailleurs, se presser en foule autour de lui, afin qu’illes touchât en les marquant du signe de la croix ; j’étais à ses côtés, et je voulais les en empêcher, mais lui, avec sa bonté naturelle, leur tendait doucement la main et il faisait sur eux le signe de la croix avec beaucoup d ‘humilité. Depuis, tous les rois Capétiens se virent attribuer le don de guérir les écrouelles (tuberculose ganglionnaire) en prononçant la célèbre formule: « Le Roi te touche, Dieu te guérit », puis à la Restauration « Le Roi te touche, Dieu te guérisse» laissant finalement à Dieu le rôle d’accomplir le miracle. Pour mémoire, les rois français ne sont pas les seuls à se prévaloir de thaumaturgie. Ainsi, les souverains britanniques avaient-ils le don de guérir l’épilepsie et les rois d’Espagne celui de délivrer les possédés.

*Pas seulement le lendemain du sacre

Ces rois faiseurs de miracle

Le mot Thaumaturge signifie en grec faiseur de miracle. C’est un pouvoir surnaturel attribué à la puissance royale d’abord en France (dès le début du XIe siècle avec Robert II le Pieux puis, un peu plus tard en Angleterre). Ces rois faiseurs de miracle permirent en Europe, de légitimer deux dynasties, celles des capétiens et des Plantagenêts par le recours au sacré magnifié lors du sacre par l’onction divine notamment. Ainsi pendant 7 siècles, devinrent-ils des rois thaumaturges s’attribuant le miracle de la guérison des écrouelles ou adénite tuberculeuse (infection des ganglions du cou par la tuberculose). Les malades vont affluer de tout le royaume pour se faire toucher par le roi (le toucher des écrouelles), des séances presque quotidiennes pour Louis IX (Saint Louis 1226- 1270), hebdomadaire pour Louis XI (1461-1483). Elle s’accompagne d’une aumône versée par le souverain. On relate que pour la seule année 1528, François 1er ne toucha pas moins de 1326 scrofuleux.

Le roi thaumaturge : Henri II pratiquant le toucher des écrouelles après son sacre au prieuré de Corbeny, livre d'heures de Henri II (BnF).
Le roi thaumaturge : Henri II pratiquant le toucher des écrouelles après son sacre au prieuré de Corbeny, livre d’heures de Henri II (BnF).

Scrofuleux (voir écrouelles)

Vieux nom d’une personne atteinte d’une maladie d’origine tuberculeuse provoquant des fistules purulentes localisées sur les ganglions lymphatiques du cou. Les rois de France (et d’Angleterre, sans doute par mimétisme !) avaient le don de guérir les écrouelles( ou scrofules) par simple contact.

Pour aller plus loin !

L’ouvrage de Patrick Demouy : Le Sacre du Roi

Patrick Demouy est professeur émérite d’histoire médiévale à l’université de Reims Champagne-Ardenne et à l’Institut catholique de Paris. Il a assuré la direction scientifique de Reims, la grâce d’une cathédrale (5000 ex. vendus en librairie depuis 2010). Coédition : La Nuée Bleue et Place des Victoires (ISBN : 978-2-8099-1431-3) 288 pages. Prix : 45€.

Patrick Demouy né à Reims en 1951 a fait ses études et sa carrière dans la cité. Entré à l’Université en 1968, agrégé d’histoire en 1973, il y a enseigné, comme chargé de cours, maître de conférences puis professeur, jusqu’à sa retraite en 2016. La cathédrale Notre-Dame de Reims a été l’aiguillon de ses recherches. Il a étudié le monument et son iconographie, lui consacrant plusieurs ouvrages, dirigeant en 2010 la grande synthèse de la collection La Grâce d’une cathédrale. Il nous a reçu chez lui, (presque) à l’ombre de la cathédrale pour nous présenter l’un de ses livres : Le Sacre du Roi (Photo FC)
Patrick Demouy né à Reims en 1951 a fait ses études et sa carrière dans la cité. Entré à l’Université en 1968, agrégé d’histoire en 1973, il y a enseigné, comme chargé de cours, maître de conférences puis professeur, jusqu’à sa retraite en 2016. La cathédrale Notre-Dame de Reims a été l’aiguillon de ses recherches. Il a étudié le monument et son iconographie, lui consacrant plusieurs ouvrages, dirigeant en 2010 la grande synthèse de la collection La Grâce d’une cathédrale. Il nous a reçu chez lui, (presque) à l’ombre de la cathédrale pour nous présenter l’un de ses livres : Le Sacre du Roi (Photo FC)

Le Sacre du Roi, ouvrage en 3  parties :

1. Les origines et le sens de la royauté sacrée. Patrick Demouy présente l’enjeu politique et symbolique du sacre, qui permet d’assoir la légitimité du roi et de sa dynastie dans l’Europe médiévale, et tout particulièrement en France. Le rôle de la Sainte Ampoule qui, selon la tradition, a été remise par une colombe à saint Remi lors du baptême de Clovis, donnant au roi un pouvoir surnaturel, guérisseur des écrouelles. Il décrit les lieux du sacre, les batailles d’influence entre Reims et Sens, le sacre d’Henri IV à Chartres ou ceux de plusieurs reines à Saint-Denis.

2. Le rituel du sacre. Patrick Demouy détaille et décrypte toutes les étapes de la cérémonie du sacre qui durait sept heures, du Lever au Festin, en passant par la remise des insignes, l’onction, le couronnement.

3. Chronologie des sacres. Tous les sacres des rois et reines de France sont présentés, de Pépin le Bref en 752 à Charles X en 1825. En tout, 33 rois se sont fait sacrer dans l’histoire de France.

Un manuscrit royal de 1365, pour la première fois traduit en français

L’ouvrage déroule, sous forme de notices détaillées, le contexte et le récit des 76 sacres royaux français. Il donne à découvrir L’Ordo du Sacre de Charles V, un exceptionnel manuscrit royal de 1365, pour la première fois traduit en français et présenté dans son intégralité. Le Sacre du Roi regroupe 300 images anciennes : des enluminures de prestigieux manuscrits médiévaux détaillant toute les étapes du sacre, des gravures et tableaux du XVIIIe siècle mettant en scène les fastes des sacres de Louis XIV et Louis XV, la reproduction des somptueux insignes royaux ou « regalia » encore conservés (sceptres, couronnes, manteaux.), les photographies des lieux du sacre (Reims, Saint-Denis).