Cathédrales, Abbayes, Châteaux, Ponts…

Cette cathédrale Sainte-Cécile d’Albi rouge brique n’a-t-elle pas tout d’une forteresse ! Voici donc la plus grande cathédrale de briques au monde (113 m de long, 35 m de large, 78 m de haut) classée sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

 De l’autre rive du Tarn, La cathédrale Saint Cécile, plus grande cathédrale de briques au monde, est visible de partout. Au premier plan, le Pont-Vieux d’Albi, témoin de 1000 ans de l’histoire de la ville. Il a été restauré (chaussée et trottoirs repensés pour les piétons et les vélos). Photo © François Collombet
La Cathédrale Sainte-Cécile d’Albi surplombe la Cité épiscopale du haut de son piton rocheux. Cette cathédrale est un chef-d’œuvre de l’art gothique méridional. Elle fut construite entre 1282 et 1480. Cet édifice impressionnant est le symbole de la reconquête catholique après la croisade contre les Albigeois. Photo © François Collombet

Sous un ciel bleu, des épisodes de la bible

Le jubé est une œuvre d’art exceptionnelle avec ses nombreuses statues finement ciselées. Un mur de pierre sépare la nef du chœur et représente des scènes de la vie de Christ et des saints. Ce jubé, joyau de la cathédrale, est considéré comme le plus beau de France. Photo © François Collombet
C’est sous le grand Orgue que se tient la plus ancienne représentation du Jugement Dernier du XVe siècle. Le Ciel, la Terre, l’Enfer sont mis en scène sur plus de 200 m2. Cette incroyable peinture du Jugement Dernier date de 1474. Une œuvre monumentale, une fresque, inspirée par les visions de l’Apocalypse et les jugements de l’âme, chef-d’œuvre artistique de la fin du Moyen Âge. Photo © François Collombet

Cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, ses sept siècles et demi d’histoire

Eglise-forteresse, église guerrière, monumentale cathédrale ! Elle est grandiose, farouche, elle paraît inexpugnable. Les contreforts prennent la forme de petites tourelles semi-circulaire qui se fondent dans la paroi et accentuent la verticalité de l’édifice. Photo © François Collombet

Un tribunal spécial

Mais lorsqu’un légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné sur ses terres le 14 janvier 1208, s’en est trop. Le pape Innocent III réagit en prêchant la croisade contre les Albigeois. Celle-ci est conduite par Simon de Montfort, qui, avec son armée de seigneurs du nord de la France, se livre à des massacres et des pillages : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !» D’où un bain de sang dans tout le sud de la France.

Un évêque dominicain qui outrepasse sa mission

Bien qu’étant au cœur de l’hérésie cathare (elle fut prise en 1215), Albi ne souffre pas de la croisade. C’est ensuite que la vieille cathédrale est sérieusement mise à mal par une série d’émeutes dues à des conflits avec les habitants qui luttent pour leurs libertés municipales. L’évêque Durand, connu pour avoir participé à la prise de la forteresse cathare de Montségur, entreprend un semblant de restauration. Le constructeur arrive en 1277, en la personne du redoutable dominicain Bernard de Castanet, qui cumule les fonctions d’évêque et celles d’inquisiteur de la foi.

Une église forteresse pour la sécurité de l’évêque

Sa première décision sera de construire, à côté de la vieille cathédrale et près du nouveau palais épiscopal, une nouvelle église. Mais pas n’importe laquelle ! Une église forteresse dans laquelle il se sent en sécurité. Lui et le chapitre de la cathédrale acceptent d’abandonner le vingtième de leurs revenus lors des premières années, en même temps qu’il est demandé aux Albigeois un impôt spécial correspondant au dixième du produit de la vente du blé, et ce jusqu’à l’achèvement de l’édifice. Jusque-là rien que d’habituel, mais les choses se gâtent très vite. Castanet combat l’hérésie avec tant de vigueur qu’il provoque de vives réactions d’hostilité dans son diocèse. Le pape Clément V ordonne une enquête. Parallèlement, le roi Philippe le Bel met ses biens sous séquestre. Castanet ne fait plus que de brèves apparitions à Albi, avant d’être muté au Puy en 1308.

En contre-bas, le palais de la Bernie, construit au XIIIe siècle, ancien palais des évêques et qui accueille aujourd’hui le musée Toulouse-Lautrec. Un escalier permet de rejoindre la cathédrale Sainte-Cécile. A l’intérieur, qui n’est pas impressionné par cette nef unique voûtée en berceau brisé et soutenue par de puissants contreforts maçonnés. Photo © François Collombet

Ce portail sud en baldaquin, quelle extravagance !

Plaqué sur la façade méridionale, un sublime « baldaquin » semble vouloir gommer la première porte fortifiée. Cette dentelle de pierre surmonte l’entrée principale de la cathédrale. Elle porte les blasons des quatre évêques qui se sont succédé de 1519 à 1550.

Un des ajouts majeurs à l’architecture de la cathédrale, ce grand baldaquin ou « jubé » véritable dentelle de pierre réalisée entre 1515 et 1540. Œuvre des maîtres flamands, ce jubé contraste fortement avec l’austérité de la brique et marque l’avènement d’un nouvel esprit, celui de la Renaissance, qui s’invite dans l’architecture religieuse méridionale. C’est l’un des seuls éléments de la cathédrale à être construit dans un style flamboyant. Photo © François Collombet
Porche en baldaquin de la cathédrale d’Albi réalisé en pierre blanche. La tradition locale appelle baldaquin, le porche grandiose signalant l’entrée méridionale de la cathédrale (la seule ouverte aux fidèles jusqu’au XIXe siècle). Initialement à ciel ouvert, il donne accès à un portail luxueusement orné et à un vestibule couvert d’une voûte somptueuse, réalisée entre 1510 et 1515 à l’initiative de Charles de Robertet, dont il porte les armes. Sa décoration de style gothique flamboyant est exubérante mais d’une extrême finesse. Photo © François Collombet

Une église honnie par la population

L’église forteresse d’Albi et son clocher-donjon lancé comme un défi à 78 mètres au-dessus de la ville, ne se comprend que dans ce cadre conflictuel. « Depuis qu’Albi a une église cathédrale, il ne se trouverait pas que les habitants aient eu la paix avec leur seigneur », écrira au XVe siècle un avocat. Elle est honnie par la population, qui plus d’une fois tente de forcer ses portes. Comme cela se produit souvent dans le Midi ou en Espagne à cette époque, les chanoines doivent affronter nombre de révoltes, et il arrive que l’évêque soit assiégé dans sa propre cathédrale qui devient alors un véritable camp retranché bourré d’armes et de munitions.

Ce clocher-donjon lancé comme un défi à 78 mètres au-dessus de la ville, ne se comprend que dans un cadre conflictuel. Un premier étage de forme carrée fut destiné un temps à servir de chapelle pour la vénération des reliques. Se superposent deux autres niveaux de forme octogonale. Ces derniers constituent le beffroi à l’intérieur duquel prendront place les cloches. Photo © François Collombet

Un édifice lisse pour ne laisser aucune prise

La première pierre est posée le 15 août 1282, mais en 1301 la construction n’en est qu’au tiers et les voûtes ne sont pas encore lancées. II faut attendre 1392 pour que l’édifice soit entièrement voûté. Pour ne laisser aucune prise à l’assaillant, le nouveau bâtiment est un édifice lisse. Ici, point de ces arcs-boutants en usage dans les cathédrales du Nord : c’est à l’intérieur que les contreforts s’épaississent pour supporter les voûtes. Le plan est d’une grande simplicité avec son immense nef sans collatéraux ni transept. Les murs sont renforcés de tours et de tourelles entre lesquelles ont été percées des fenêtres longues et étroites. Les murs sont tellement épais que les chapelles sont coincées dans leur épaisseur. Pour finir, en avant de la façade occidentale, un donjon de plan carré dont la hauteur ne dépasse pas celle de la nef, flanqué de deux tours rondes, apporte à cet édifice totalement aveugle une touche de forteresse inexpugnable. Le matériau est la brique*, employée dans un souci de simplicité toute dominicaine, souci d’économie également. Les carrières d’argile sont nombreuses dans la région et cette brique limite l’usage des échafaudages. Elle impose des murs très épais sur lesquels on travaille directement.

*On estime qu’il fallut 25 millions de briques pour élever la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi.

Au milieu de la nef, un incomparable jubé

La cathédrale d’Albi a conservé son jubé. Ici, le chœur et son maître-autel. Construit à la fin du XVe siècle et de style gothique flamboyant, il isole le chœur et ses deux rangés de sièges des stalles, de la nef. Il est considéré comme un des plus beaux encore en place. Photo © François Collombet

L’un des rares jubés demeuré intact

Mais Sainte-Cécile ne devait pas rester l’austère édifice voulu par Bernard de Castanet. Au XVe siècle, elle a pour évêque Louis Ier d’Amboise (1473-1502), venu du Nord. Pour ce frère du cardinal Georges d’Amboise, le tout-puissant ministre de Louis XII, la cathédrale ne peut être qu’un palais. C’est lui qui fait bâtir au milieu de la nef l’incomparable jubé, une « magnifique folie », pour reprendre les termes employés par Prosper Mérimée au XIXe siècle. Magnifique et vaste jubé où, jusqu’à la Révolution, quelque soixante-dix statues se côtoyèrent dans un extraordinaire décor flamboyant fait d’arcs festonnés, de niches, de dais et de pinacles ouvragés. Ce chœur est l’un des rares de cette époque demeuré intact. La fortune de l’évêque et son goût parfait lui ont permis de réunir une pléiade d’artistes capables de travailler vite à la réalisation de cet ouvrage. Ce foisonnement parfaitement maîtrisé apparaît en particulier aux voûtes du jubé et au dais surmontant la chaire épiscopale.

Un décor flamboyant qui apparaît en particulier au dais surmontant la chaire épiscopale. Photo © François Collombet

Le chœur des chanoines

Au départ, on compte trente-et-un chanoines, chacun assisté d’un vicaire. Leur nombre passera à vingt-et-un au début du XVe siècle. Ils se réunissent sept fois par jour pour chanter les offices dans le chœur. On voit aujourd’hui leurs stalles (leurs sièges), qui sont sur deux niveaux : en bas pour les vicaires et en haut pour les chanoines.

A l’intérieur du jubé, le chœur des chanoines (appelé aussi « grand chœur), chef d’œuvre du gothique flamboyant. Il délimite l’espace le plus sacré de la cathédrale, son sanctuaire, lieu des offices canoniaux. Véritable monument dans la cathédrale, une église en miniature, une petite église dans la grande. Il recèle une remarquable statuaire polychrome. À l’extérieur sont représentés des personnages de l’Ancien Testament : des prophètes et des rois d’Israël ; à l’intérieur sont figurés des personnages du Nouveau Testament. Photo © François Collombet
Grâce à des mécénats recueillis par le World Monument Fund, une restauration de la nef canoniale (sculptures en pierre, peintures et stalles) est réalisée en 2015-2016, lui redonnant son aspect et ses couleurs d’origine. Un autre mécénat sous la même égide permettra la rénovation du sanctuaire et achèvera ainsi ce travail de restauration de tout l’intérieur de la clôture du grand chœur. Photo © François Collombet

 la plus importante statuaire de France

Une clôture de pierre blanche, véritable dentelle de pierre, sépare la cathédrale en deux parties : la nef et le chœur. Au-delà de l’écran de pierre, se trouve le chœur de chanoines, une véritable église dans la cathédrale. Dans les niches des 35 piliers qui divisent la clôture du chœur haute de 6,54 m sont placées ces courtes statues en pierre polychromée des Prophètes de l’Ancien Testament. Photo © François Collombet
Cette clôture extérieure du chœur est ponctuée de 33 statues. Il s’agit de personnages de l’Ancien Testament. On y voit la statue du roi David nouvellement restaurée (statuaire du tour extérieur de la clôture du chœur). Photo © François Collombet

La plus grande surface peinte de toutes les cathédrales

18.500 m2 de peintures couvrent la voûte de la cathédrale et ses 30 chapelles. Les peintures de la voûte, des tribunes et des chapelles ont été réalisées à la demande de Louis II d’Amboise, entre 1509 et 1514, par un atelier de peintres italiens de Carpi en Émilie-Romagne (Italie du Nord). Les fresques des voûtes s’étendent sur les douze travées du vaisseau. Les tons bleus (lapis lazuli) et or dominent. Elles relatent la vie de Sainte Cécile et des épisodes bibliques : les éléments pédagogiques destinés aux fidèles, que l’on trouve généralement à l’extérieur, sont donc ici à l’intérieur.

Les murs et les voûtes quadripartites sont entièrement peints. Les fresques des voûtes s’étendent sur les douze travées du vaisseau. Les tons bleus (lapis lazuli) et or dominent. Elles relatent la vie de Sainte Cécile et des épisodes bibliques : les éléments pédagogiques destinés aux fidèles, que l’on trouve généralement à l’extérieur, sont donc ici à l’intérieur. Photo © François Collombet

Le Jugement Dernier, fresque maîtresse de la cathédrale

La pièce maîtresse de ces fresques est le Jugement dernier (18 x 15 mètres), situé à l’extrémité occidentale. L’auteur de cette fresque s’est inspiré Jugement dernier de Roger Van der Weyden, qu’on peut voir aux hospices de Beaune. A l’époque, le mur de fond n’était pas percé d’une porte. A l’emplacement de la porte actuelle se trouvait sans doute un Christ en majesté, accompagné de la Vierge et de St Jean. St Michel, en dessous de lui, jugeait les âmes. A droite de l’emplacement ou devait se trouver le Christ, on distingue Saint Louis, Charlemagne et les apôtres.

La voûte de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi que l’on voit ici au-dessus du Grand Orgue, est la plus vaste surface peinte au monde. Jamais restaurée, on n’en admire que plus le coloris éclatant. Ce travail est une commande de Louis II d’Amboise à des peintres italiens entre 1509 et 1512. L’ensemble est remarquable par sa surface, sa qualité et sa disposition en miroir où, à la Création du monde, répond le Jugement dernier. Photo © François Collombet
En livrant cette représentation terrifiante de l’enfer, le peintre d’Albi révèle les multiples peurs liées à la mort qui dominent à la fin du Moyen Âge, où guerres, famines et épidémies continuent leurs ravages. Si dans les représentations romanes et gothiques du Jugement dernier l’enfer est déjà présent, l’accent mis au XVe siècle sur l’atrocité des tourments associés aux péchés capitaux ne peut qu’inciter le fidèle à gagner son salut. Photo © François Collombet

De cette immense fresque, manque la partie centrale

À Louis Ier d’Amboise on doit également un autre trésor, une peinture sur enduit traitant du Jugement dernier, dont il manque malheureusement la partie centrale, figure du Christ rayonnant, détruite en 1695 lors du percement de la façade. On y voit les élus réveillés brusquement par la trompette du Jugement, sortant de terre l’un derrière l’autre, entièrement nus, en un immense cortège. Chacun tient serré sur sa poitrine le livre de sa vie. Puis vient la foule des damnés qui se lamentent alors qu’on les sépare selon les sept péchés capitaux.

Une œuvre gigantesque effectuée par des artistes italiens

Louis d’Amboise fait aussi rehausser le donjon de 1365 d’un clocher à trois niveaux montant jusqu’à 78 mètres. Enfin, il consacre sa précieuse cathédrale en 1480. Louis Ier, est relayé par son neveu Louis II, qui arrive à Albi en 1503, puis par Charles de Robertet. On leur doit les fresques des voûtes de la nef et des tribunes entièrement peintes dans des tons de vert et de bleu cendré. Les chapelles inférieures sont décorées entre 1509 et 1520. C’est une œuvre gigantesque effectuée par des artistes italiens lors de leur venue en France à la suite des guerres d’Italie. On connaît le nom du chef de l’atelier des peintres d’Albi : Joa Franciscus Donela, originaire de la principauté de Carpi, qui avait adopté le parti français. Ils étaient installés dans des nacelles suspendues par des cordes passant à travers les voûtains par des trous qui existent encore. Ce décor est venu recouvrir d’anciennes fresques.

Le XIXe siècle ne fut pas tendre pour la cathédrale d’Albi

Le XIXe siècle ne fut pas tendre pour Sainte-Cécile. L’architecte César Daly, à qui elle fut confiée en 1848 pour trente ans, suréleva la toiture de 7 bons mètres pour protéger les peintures des voûtes, modifiant ainsi l’aspect de l’édifice. Il la couronna d’un chemin de ronde à créneaux, surhaussant du même coup les contreforts en forme de tourelles, pour en atténuer la dureté et briser la monotonie. La restauration des fresques se fit en quatre campagnes par des artistes italiens, puis parisiens, et enfin toulousains.

Le grand orgue domine la nef de ses dimensions monumentales : 16,40 m de large, 15,60 m de haut, plus de 3500 tuyaux, 4 claviers, 43 registres… Il est considéré comme le plus grand orgue classique de France et d’être l’un des plus beaux d’Europe pour son décor sculpté. Photo © François Collombet

On ne peut pas parler de La cathédrale d’Albi sans évoquer son orgue. Albi se choisit Christophe Moucherel (1686-1761), facteur d’orgue originaire de Toul, en Lorraine, pour construire cet instrument monumental, doté d’un des plus beaux buffets de France. Sa commande fut passée par Mgr Armand-Pierre de la Croix de Castries, archevêque d’Albi (1722-1747). Ayant participé au financement de l’instrument, c’est en toute logique qu’il fit graver ses armoiries sur le tuyau central de l’instrument.

Il est transformé en orgue symphonique

Plus tard, l’orgue fut complété par les facteurs François Lépine (1747), Joseph Isnard (1778) et Antoine Peyroulous (1825). Au XIXe siècle, il est profondément remanié par Thiébaut Maucourt (1865), et surtout par Théodore Puget (1903-1904), qui le transforme en orgue symphonique. Dans le seconde moitié du XXe siècle, il subit une restauration d’envergure (1971-1981) par Barthélémy Formentelli (né en 1939). On lui doit d’avoir restitué ses timbres d’origine. Il en a fait le plus grand orgue baroque français.

Troisième orgue le plus important de France

Le Grand Orgue d’Albi est le 3ème orgue le plus important de France par son nombre de jeux (74 jeux), après ceux de Notre-Dame (90 jeux) et de Saint-Sulpice (110 jeux) à Paris (les deux construits par Cavaillé-Col) par suite aux travaux de Puget en 1904 ” écrit Frédéric Deschamps, l’organiste titulaire des grandes orgues historiques Christophe Moucherel (1736) de la cathédrale Sainte-Cécile et également du grand orgue symphonique Maurice Puget (1930) de la collégiale Saint-Salvi à Albi.

Pourquoi le culte de Sainte Cécile à Albi ?

Le culte à sainte Cécile semble avoir été introduit dans cette région au haut Moyen Âge par les Wisigoths ayant fait de Toulouse la capitale de leur royaume dès 418. Il semblerait que la liturgie wisigothique accorda une place notable au culte de sainte Cécile. Pour preuve, dans ces régions acquises par les Wisigoths comme le Minervois, les Corbières, le Roussillon, la Catalogne…, en plus du Toulousain et de l’Albigeois, la densité d’églises dédiées à sainte Cécile est beaucoup plus importante qu’ailleurs. Ainsi, la Cité albigeoise déjà siège d’un évêché depuis au moins 405 plaça très tôt son église sous la protection de Sainte Cécile*.

*Si la première mention de la dédicace de la cathédrale d’Albi à sainte Cécile ne date que des années 920, les historiens s’accordent à penser que ce vocable pourrait remonter aux origines.

Sainte Cécile représentée dans cette remarquable statue en pied et polychrome dans la clôture du jubé. (DR)
Sainte Cécile représentée dans cette remarquable statue en pied et polychrome dans la clôture du jubé. (DR)

Où trouve-t-on Sainte Cécile ?

La plus ancienne représentation de sainte Cécile conservée dans la cathédrale date de la première moitié du XIVe siècle (sur l’une des clés de voûte du chœur, neuvième travée). Sa deuxième représentation correspond à la construction de la clôture du chœur des chanoines sous l’épiscopat de Louis Ier d’Amboise (1474-1503). C’est une remarquable statue polychrome en pied dans un calcaire tendre qui vient d’être restaurée. Cette même clôture de chœur comporte une seconde figuration en pied de Sainte Cécile sous la forme d’une statuette de 38 cm, sculptée dans le bois. On la trouve porte nord. La main gauche ayant été brisée, sa palme du martyre a disparu. Quant à sa main droite, elle ne conserve que la partie inférieure d’un probable petit orgue. Une autre statue de Cécile, patronne des musiciens (dotée d’un orgue comme attribut), a parfaitement sa place sur l’orgue de Christophe Moucherel. Elle a été sculptée en 1736.

À la cathédrale d’Albi, le visage de Sainte Cécile n’est pas dissimulé. Ici, la blancheur du marbre fait place à la couleur. Elle est vêtue de la robe de gaze brochée d’or qu’elle portait, selon le récit de sa Passion, le jour de son décès (la cathédrale en possède des fragments). Le haut du corps de la jeune martyre est en outre déposé sur un tapis de couleur rouge brique, bordé de franges rouges, vertes et or, qui correspond à celui retrouvé dans son tombeau et dont une petite partie est conservée à Albi. Photo © François Collombet
I/ Le musée Toulouse-Lautrec, une collection unique au monde
Entrée du musée Toulouse-Lautrec palais de la Berbie à Albi : tableaux, lithographies, dessins ainsi que l’ensemble des affiches réalisés par Henri de Toulouse-Lautrec illustrent de façon exemplaire chacune des facettes du talent multiforme  et novateur de cet artiste majeur de la fin du XIXe siècle. Photo © François Collombet

Un musée à l’ombre de la cathédrale

Il est situés au cœur du centre historique de la ville, au palais de la Berbie. C’est avec la cathédrale Sainte-Cécile, l’un des ensembles épiscopaux les mieux conservés de France. Symbole de la puissance des évêques d’Albi qui le firent construire dans le courant du XIIIe siècle, le palais, propriété du département, domine les rives du Tarn de sa silhouette massive. Et cette forteresse est devenue depuis 1922, le musée Toulouse-Lautrec grâce à une donation consentie à la Ville par la famille Toulouse-Lautrec.

Jardins et palais de la Berbie qui accueille le musée Toulouse-Lautrec rassemblant une collection unique au monde. Photo © François Collombet

II / Le cloître Saint-Salvi, un havre de paix et de silence

Ce cloître Saint-Salvi, du nom du 1er évêque de la ville d’Albi au VIème siècle, est attenant à la collégiale Saint-Salvi du XIème siècle. Elle est située à l’angle de la place Sainte-Cécile. Son cloître construit en 1270, est havre de paix et de silence. Les portes que l’on repère sous les galeries donnaient directement sur les cellules des chanoines, elles sont transformées en lieux d’habitation. L’aile restante du cloître et les arcades romanes sont associées à des chapiteaux gothiques sculptés de personnages, d’animaux ou de végétation.

Cloître de la collégiale romano-gothique Saint-Salvi, à deux pas de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi. Photo © François Collombet

3 / Où que l’on soit, elle apparaît de partout

Des petites ruelles du centre historique d’Albi, surgit à tout endroit, le clocher donjon de la cathédrale lancé comme un défi à 78 mètres au-dessus de la ville. Photo © François Collombet
Un passage obligé sur cette nouvelle passerelle à l’aplomb du Tarn, une passerelle de 180 m de long, ancrée sur le viaduc ferroviaire reliant la rive droite du Tarn au cœur historique d’Albi, ouverte en 2024. Photo souvenir avec en toile de fond, l’une des plus surprenantes cathédrales de France : “une magnifique folie “. Photo © François Collombet
Depuis l’hôtel Mercure, au soleil couchant, face à la cité épiscopale et à la cathédrale Sainte-Cécile. Cet ancien moulin à eau de 1770 ayant servi de fabrique de pâtes est installé à côté du musée Lapérouse. Pour rejoindre la cité épiscopale et la cathédrale, il suffit de traverser le Pont-Vieux. Photo © François Collombet