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Abbayes et monachisme, petit glossaire des 100 mots utiles

Petit glossaire des 100 mots utiles pour mieux comprendre le monachisme et l’art des abbayes

ABBAYE : communauté de moines ou de moniales gouvernée par un abbé ou une abbesse.

ABSIDE : extrémité arrondie de la nef principale, derrière le chœur.

ABSIDIOLE : abside secondaire; se dit des chapelles rayonnantes autour du chœur.

ABSTINENCE : privation volontaire, surtout en matière de nourriture ou de boisson, certains jours de l’année.

ANACHORÈTE : moine vivant dans une solitude complète.

ARC : courbe décrite par une voûte formée par un ou plusieurs arcs de cercle.

ARC BRISÉ (OU ARC EN OGIVE) : arc formé par deux portions de circonférence.

ARC DOUBLEAU : arc en saillie soutenant une voûte.

ARC EN PLEIN CINTRE : arc constitué d’un demi-cercle régulier.

ARC-BOUTANT : maçonnerie en forme d’arc qui soutient un mur en s’y appuyant de l’extérieur.

ARCADE : ensemble d’arcs maçonnés reposant sur des piliers ou des colonnes.

ARMARIUM : emplacement ménagé dans un mur pour y conserver les manuscrits. Par extension, petite salle où étaient conservés les textes du monastère.

ASCÈSE : effort pour être fidèle à Dieu, passant par l’abnégation, le renoncement, l’acceptation de la souffrance et le dépassement de la peur.

BAS-CÔTÉ : nef latérale d’une église.

BAS-RELIEF : sculpture en faible saillie se détachant sur un fond uni.

BÉNÉDICTIN : mot qui remonte au XIII” siècle et désignant les moines de l’ordre de saint Benoît, notamment ceux de Cluny.

BÉNÉFICE : revenu fixe attaché à une fonction ecclésiastique.

CANONIAL : désigne ce qui est conforme à la règle (heures canoniales) et ce qui se rapporte aux chanoines (office canonial).

CELLIER : salle aménagée pour entreposer les provisions du monastère. Souvent située dans l’aile ouest du cloître, elle faisait partie de l’aile des frères convers.

CELLULE : chambre individuelle, de taille réduite, servant de logement aux religieux. Elle apparait lors de la suppression du dortoir.

CÉNOBITE : moine vivant en communauté.

CHANOINE RÉGULIER : religieux vivant en communauté en conservant un ministère extérieur.

CHANOINE SÉCULIER : prêtre diocésain tenu à la récitation de l’office au chœur

CHAPITEAU : bloc de pierre sculpté, mouluré ou orné qui coiffe le fût d’une colonne ou d’un pilier.

CHAPITRE : salle où est lu chaque jour un chapitre de la règle de l’ordre. Par extension, assemblée délibérant des questions de la communauté.

CHASSE : reliquaire de grande taille renfermant les reliques d’un saint.

CHEVET : partie d’une église située au-delà du chœur.

CHŒUR : partie de l’église où se déroule l’action liturgique. On désigne par l’expression « moine de chœur» le moine qui est prêtre et peut célébrer la messe, contrairement au frère convers, qui reste dans la nef.

CISTERCIEN : moine de l’ordre de Cîteaux.

CLÉ (DE VOÛTE) : pierre en forme de coin placée à la partie centrale d’une voûte pour la fermer.

CLOÎTRE : espace comportant quatre galeries ouvertes sur un jardin ou une cour et reliant les pièces principales de l’abbaye.

COMMENDE : (du latin commendare, confier). À l’origine, dans l’attente de la nomination d’un titulaire, on confiait la charge des églises, abbayes etc., à des clercs séculiers. Cette pratique donna lieu à des abus : on accordait comme récompense à des clercs ou des laïques la jouissance des revenus d’un office, sans que les bénéficiaires aient à assumer les obligations religieuses correspondantes.

CONVERS : religieux non prêtres qui, traditionnellement, assuraient les principales charges domestiques de la communauté.

COUVENT : établissement où les religieux des ordres mendiants vivent en communauté.

CROISÉE DU TRANSEPT : intersection du transept et de la nef.

CUL-DE-LAMPE : élément de support en surplomb dont la forme rappelle le dessous d’une lampe d’église.

DÉAMBULATOIRE : bas-côté tournant autour du chœur et permettant la circulation des moines et des pèlerins sans gêner l’office.

DORMITION : du latin dormitio (sommeil, sommeil éternel, mort). C’est l’illustration architecturale ou picturale de la mort de la Vierge ; sa mort n’étant qu’une espèce de sommeil (la croyance de la montée au ciel de son corps porte le nom d’Assomption).

DROIT CANON : véritable doctrine de droit ecclésiastique à partir des textes des Pères de l’Église, décrets conciliaires, etc., classés par thèmes.

ÉCHAUGUETTE : petite tourelle de guet sur un mur.

ENFEU : niche à fond plat pratiquée dans le mur pour y recevoir une sculpture.

ENTRELACS : ornement composé de lignes courbes qui se croisent.

ERMITE : du grec erêmos, désert qui donna en latin eremita, “celui qui vit dans la solitude”. Les premiers ermites s’étaient retirés dans les déserts d’Égypte.

EXEMPTION : désigne l’autonomie juridique d’un monastère ou d’un ordre par rapport à l’instance qui devrait normalement en être responsable.

FLAMBOYANT : style d’architecture gothique tardive où certains ornements ont la forme d’une flamme.

FÛT : partie principale d’une colonne entre la base et le chapiteau.

GÉMINÉ : groupé par deux (fenêtres géminées, colonnes géminées … ).

GISANT : statue d’un mort représenté couché.

GRANGE : dépendance de l’abbaye dans laquelle on stockait les récoltes.

GRÉGORIEN : répertoire officiel de chants d’église à une seule voix, sans accompagnement, fondés sur le rythme de la prose latine. Né au VIIIe siècle en milieu bénédictin et carolingien, il a été écrit, à partir du XIVe, en notes carrées sur des portées de quatre lignes.

HEURES : les heures de l’office divin (ou heures canoniales) sont au nombre de sept, dont une nocturne (matines) et six diurnes (laudes, tierce, sexte, none, vêpres et complies).

JANSÉNISME : courant de pensée émanant d’un théologien néerlandais, Jansenius (1585-1638), qui affirmait que Dieu n’accordait la grâce du salut qu’aux prédestinés qu’il avait choisis, les autres étant voués à la damnation.

JUBÉ : clôture séparant le chœur de la nef.

LINTEAU : pièce horizontale de pierre ou de bois fermant la partie supérieure d’une ouverture rectangulaire pour soutenir la maçonnerie.

MÂCHICOULIS : galerie située au sommet des tours ou des murs et percée d’ouvertures permettant de lancer des projectiles aux assaillants.

MANDORLE : vient du latin mandorla (amande). Forme ovale en peinture ou en sculpture qui entoure la Vierge sur son trône ou le Christ en majesté (en général sur le tympan d’un portail d’église).

MENEAU : montant ou traverse de pierre divisant une fenêtre.

MOINE : du grec monos, seul. Les premiers moines ayant été des ermites, le mot a continué à s’appliquer aux diverses formes de la vie monastique.

MONACHISME : désigne à la fois l’état de vie de ceux qui se retirent loin du monde et l’institution monastique. Il recouvre la vie en communauté et la vie dans la solitude.

MONASTÈRE : établissement où vivent des religieux ou religieuses organisés selon une règle.

NARTHEX : porche intérieur placé à l’intérieur de l’église.

NEF : partie de l’église comprise entre le portail et le chœur.

NERVURE : arête saillante des arcs de la voûte d’ogives.

NOVICE : celui qui, après avoir été admis comme postulant, décide d’aller plus loin dans la vie religieuse; le novice porte l’habit. La durée du noviciat est fixée à deux ans sans engagement.

OCULUS : petite fenêtre ronde.

OGIVE : nervure placée diagonalement en renfort sous une voûte pour la soutenir.

PARVIS : espace situé devant l’église.

PILASTRE : pilier, ou colonne plate, engagé dans un mur et formant une légère saillie.

PORTERIE : logement du portier, situé à l’entrée du monastère.

PRIEUR CLAUSTRAL : dans une abbaye, premier moine désigné par l’abbé pour le seconder.

PRIEUR CONVENTUEL : supérieur d’un prieuré ou d’un monastère qui n’a pas le titre abbatial.

PRIEURÉ : monastère dirigé par un prieur et place sous la tutelle d’une abbaye.

RÈGLE : ensemble des statuts auxquels sont soumis les membres d’un ordre religieux.

RELIQUAIRE : coffret contenant des reliques.

RELIQUES : partie du corps d’un saint et objets lui ayant appartenu offerts à la vénération des fidèles.

REMPLAGE : pierres ajourées ornant la partie supérieure d’une ouverture ou la partie intérieure d’une rosace.

ROMAN : période architecturale qui va du Xe au XIIe siècle et caractérisée par l’apparition des voûtes en pierre.

SALLE CAPITULAIRE : salle où se réunit le chapitre des chanoines.

SCRIPTORIUM : atelier où travaillaient les moines copistes, enlumineurs ou calligraphes.

STALLES : sièges de bois, généralement sculptés, situés de part et d’autre du chœur et réservés aux moines.

TOUR-LANTERNE : tour ajourée qui s’élève à la croisée du transept et permettant d’éclairer l’église.

TRANSEPT : nef transversale qui coupe la nef principale et donne à l’église une forme de croix.

TRAVÉE : portion de voûte comprise entre deux colonnes, deux piliers.

TRIBUNE OU TRIFORIUM : galerie haute courant au-dessus des bas-côtés ou de l’entrée occidentale.

TRUMEAU : pilier qui supporte en son milieu le linteau d’un portail.

TYMPAN : espace compris entre le linteau et l’archivolte d’un portail.

VAISSEAU : nef.

VŒUX : engagement public, devant l’autorité de l’Église, par lequel le membre d’un ordre religieux s’engage à mettre en pratique les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

VOÛTE : maçonnerie destinée à couvrir un espace vide entre deux supports parallèles (murs, piliers, colonnes).

VOÛTE D’ARÊTES : voûte formée par l’intersection de deux berceaux de même hauteur.

VOÛTE EN BERCEAU : voûte créée par un arc en plein cintre.

VOÛTE EN CUL-DE-FOUR : voûte constituée d’un quart de sphère, soit une demi-coupole.

VOÛTE EN PLEIN CINTRE : voûte d’une demi­ circonférence.

VOÛTE SUR CROISÉE D’OGIVES : voûte formée par l’intersection de deux arcs.

Photo d’ouverture : l’abbaye d’Aiguebelle fait partie de la famille cistercienne de la stricte observance (les trappistes). L’abbatiale médiévale est remarquable par son architecture sobre et pure avec ses murs épais, ses piliers massifs, ses arcs en plein cintre ou à peine brisés, ses voûtes d’ogives et ses rares fenêtres. tout indique un style de transition qui caractérise le XIIe siècle (Photo DR)

Les mots pour décrypter ce tympan du Jugement dernier sur la façade occidentale de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques

Abbatiale Sainte-Foy de Conques. Ce tympan du Jugement dernier est un chef-d’oeuvre de la sculpture romane.

Abbatiale Sainte-Foy de Conques, grande et belle église de pèlerinage* avec son plan cruciforme à chapelles rayonnantes et sa nef étroite, haute de 22 m. Sur le tympan de son portail, sans doute l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de la sculpture romane réalisée au début du XIIe siècle, le Jugement dernier, un véritable théâtre de pierre. Aujourd’hui, il est sur la façade occidentale de l’abbatiale mais à l’origine, il se trouvait à l’intérieur de l’église. Il est composé de 124 personnages sculptés, répartis sur trois registres superposés séparés par des bandeaux gravés d’inscriptions latines. Imaginons-le avec ses couleurs d’origine :  bleu pour le paradis, rouge et ocre pour l’enfer. En son centre, le Christ-Juge dans sa mandorle, le visage grave, le bras levé pour accueillir les élus, la main gauche baissée vers les condamnés. A vous d’y découvrir la pesée des âmes, le paradis et l’enfer avec ses péchés capitaux.

*En 1993, le peintre Pierre Soulages, né à Rodez, réalisa 95 verrières pour l’abbatiale : des vitraux non colorés qui diffusent une lumière naturelle mettant en valeur cette splendide architecture romane.

Depuis 1992, les chanoines réguliers Prémontrés animent cette ancienne abbaye bénédictine. Cet ordre fut fondé par Saint-Norbert en 1120. Aujourd’hui, l’ordre des Prémontrés a deux abbayes en France : l’abbaye Saint-Martin de Mondaye et l’abbaye Saint-Michel de Frigolet ; Sainte-Foy de Conques n’étant qu’un prieuré.